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Notre ami Jérome 'Naval' Henry est officier de marine. Il a la chance de voyager tout le temps, et il nous a déjà raconté ses rides dans des villes étrangères précédement. Cette fois-ci, il est allé au mois de mai à Dakar... voici son récit.
Notre ami Jérome 'Naval' Henry est officier de marine. il a la chance de voyager tout le temps, et il nous a déjà raconté ses rides dans des villes étrangères précédement. Cette fois-ci, il est allé au mois de mai à Dakar... voici son récit.
Mercredi 19 mai, après une semaine de navigation sous des cieux cléments, nous arrivons à Dakar par une matinée ensoleillée.
Pour l’instant, l’air marin atténue la chaleur locale. Les préparatifs des travaux qui vont être menés pendant trois semaines sur le bâteau et l’installation de l’équipage à terre m’occupent jusqu’à samedi et je trépigne de ne pas pouvoir prendre contact avec les gars d’Accro roller.
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... Avant de partir j’avais envoyé un mail à l’association qui m’avait dit de contacter Baba une fois sur place. Donc vendredi je réussi à trouver un téléphone (je regrette de ne pas avoir un portable international) et j’appelle mister Baba. Le rendez-vous est fixé au samedi 11h00 du matin place de l’Indépendance.
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Le lendemain, je fonce super excité vers le rendez-vous.
J’arrive là-bas à 10h55 (jusqu’ici tout va bien). Et là... pas de Baba. Je commence à attendre, mais c’est sans compter tout les locaux bien décidés à escroquer un « Toubab » et là, je commence à vivre l’enfer jusqu’à ce qu’un jeune arrive et me tire de la merde dans laquelle je me suis fourré. Il fait dégager la horde de vendeurs en tous genres que j’ai sur le dos. Il m’explique qu’il ne faut pas parler aux gens dans le coin (facile à dire). Je lui explique que j’attends un patineur qui s’appelle Baba et que j’avais rendez-vous à 11h00, il est 11h15. Il m’explique en rigolant qu’il ne faut pas s’inquiéter, que c’est un rendez-vous sénégalais et qu’il va arriver. 11h20, je vois un grand Rasta portant un sweat rouge et un paire de lunettes de soleil arriver sur une paire de Rollerblade en plastique monobloc : c’est Baba !
Deux choses m’intriguent : comment fait-il pour être aussi à l’aise avec du matériel pareil et comment fait-il pour supporter la chaleur avec tant de vêtement sur le dos ?
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J’enfile mes rollers et on part en direction chez lui. Je me dis que ça ne doit pas être trop loin, car vu la pollution et la chaleur on ne doit pas tenir très longtemps. Erreur ! On est parti pour une heure de patin dans des conditions apocalyptiques : outre la chaleur et la pollution, on doit affronter la route défoncée, la circulation anarchique et la poussière et le sable qui rendent toute tentative de slide hasardeuse. Devant moi Baba semble infatigable, il zigzague entre les voitures avec une facilité déconcertante, se permettant de sauter, de poser des 180 au milieu d’un trafic que je n’ose quitter des yeux de peur de me faire emplafonner. En plein milieu du chemin, on fait une halte dans une échoppe qui vend des accessoires de vélo, et Baba achète deux axes filetés pour les utiliser comme axes pour ses trucks (ce qui lui permet d’avoir des trucks de Grinders fait maison).
Après ce bref répit, nous voilà reparti. Voyant que je commence à fatiguer, Baba a pitié de moi et nous décidons de catcher un taxi brousse, sorte de bus local. Finalement nous finissons par arriver chez lui.
Bon, nous voilà arrivé chez Baba, le Q.G. d' AccroRoller.
Derrière chez lui, dans l'arrière cours, se trouve un tas de matos hétéroclite dans lequel on trouve des patins, des roues, des roulements et des protections de toutes sortes. Baba m'explique qu'ici, trouver une paire de rollos est super dur et que même lorsqu'on y arrive le prix est bien au-delà de leur moyen.
Je pense alors à tous les français, moi y compris, qui ont chez eux du matos dont ils ne servent plus et qui ferait le bonheur de n'importe quel membre du club. Après un rapide coup d'oeil, je me rends compte qu'ils manquent de tout. Beaucoup de rollers sont laissés avec des roues en moins, et au club on ne choisi pas ses patins en fonction de son niveau, mais plutôt selon sa pointure. Je sors de mes pensées lorsque Baba me propose d'aller à la plage, après les émotions du matin. Comment refuser! Bon je vous passe la baignade et le repas pour revenir au rollo.
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L'entraînement du samedi est prévu sur le coup des 17h00.
Entre temps j'ai traversé la ville sur le porte-bagages de la mob de Baba (j'ai cru mourir mille fois) pour retourner sur bateau chercher mon appareil photos. Donc 17h00, le show commence : un slalom a été placé dans la descente devant chez lui (çà vaut presque les descentes du troca): ici on est resté "old school". Plus bas il y a un sautoir de sèche où les boyz se lancent sans concessions. Le clou de la journée reste le tremplin, discipline favorite des Accros. C'est un banks de furieux qui envoie en orbite tous ceux qui s'y essaient. Les Sénégalais m'impressionnent, ils se lancent dessus comme des fous furieux et envoient grave ! Quand on voit avec quoi ils patinent, ça fout les boules; je n'ose même pas imaginer le niveau qu'ils pourraient atteindre avec du bon matos.
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Dans toutes les disciplines les riders se donnent à fond. Ils ont été prévenus que je venais, du coup ils veulent tous être sur les photos et je ne sais plus où donner de la tête. Il paraît qu'ils sont aussi forts en danse. Finalement vient l'heure de se quitter mais je promets d'être là le lendemain pour la rando dans Dakar. Je ne raterai çà pour rien au monde.
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Le lendemain je suis dans les "start" dès 15h00 car j'ai du mal à évaluer le temps qu'il me faudra pour arriver là-bas. Mais cette fois plus de folie : je choisis le taxi (il vaut mieux ne pas trop tenter la chance).
Donc à 15h30 je suis chez Baba, la rando doit partir à16h30. Dans l'absolu il ne me reste pas beaucoup de temps à attendre mais c'est sans compter les horaires élastiques des sénégalais comme dit la tante de Baba. Donc à 17h30 nous voilà parti: la rando compte une trentainte de jeunes de tous âges, dont une fille et un skater (il faut de tout pour faire un monde).
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On part dans une sorte de chaos ordonné, le principe reste le même qu'en France. On essaie de bloquer les carrefours et de rester sur le côté. Mais ici c'est l'Afrique et la circulation étant déjà anarchique à la base, avec nous en plus c'est parfois le bordel le plus complet. Mais ça va, à quelques exceptions prêt, les locaux sont contents de nous voir, on entend même le cri de ralliment "acrrro" (bien rouller le"r") poussé par des piétons que l'on croise. Baba m'explique qu'au début c'était la merde mais que petit à petit les sénégalais se sont habitué à partager la chaussée avec les patineurs.
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Le principal soucis de Baba est de faire ralentir les premiers pour que les plus jeunes et les débutant puissent suivre. Ici pas d'élitisme, le but est que tout le monde s'amuse.
D'ailleurs même les débutants tracent, personne ne semble avoir peur.
De temps en temps il y en a un qui tombe, mais pas de problèmes, tout le monde rigole, on l'aide à se relever et on est reparti. On passe par des grands boulevards goudronnés aussi bien que par des petites artères ensablées, des zones urbaines, des terrains vagues. Le plus impressionnant c'est la densité de population : Dakar bouillonne de vie. Au détour d'une ruelle nous passons devant un baobab perdu en pleine ville, je crois rêver.
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La rando se termine par un arrêt devant une super descente où tout le monde s'exerce au freeskating (je hais ce terme). Je prends les dernières photos de la journée, on se quitte et on se donne rendez-vous pour la semaine prochaine, même heure. Cette fois je viserai plus les 17h00...
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Auteur : Jérome 'Naval' Henry
Photos : Naval
(C) Copyright 2004 Jérome 'Naval' Henry
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